25 mars 2020, Confinement Jour 9

Une journée de plus sans sortir, enfin, sans aller en ville… Parce qu’on peut, nous deux, sortir sur la terrasse ou dans le jardin. Mais sortir c’est aussi croiser des gens, avoir des interactions sociales -comme disent les sociologues à la mode, échanger, rencontrer les autres, bref, tout ce qui fait la vie en société, tout ce dont il faut se priver depuis presque dix jours. Et, dans les milieux autorisés -comme aurait dit Coluche, on commence à parler de six semaines, quarante cinq jours, de confinement.

Pour regarder le bon côté des choses, je suis content de constater deux choses : d’abord que, presque dix jours après notre périple semi-circumplanétaire, nous n’avons aucun symptôme d’une infection douteuse, et ensuite que, depuis que l’humanité est en grande partie cloîtrée, les niveaux de pollution, partout, ont chuté très significativement.

Et pour évoquer les petits emmerdements domestiques qui viennent souvent vous empoisonner l’existence, on a constaté ce matin que l’évacuation du lavabo de la salle de bains est bouchée… Merdre, merdre, merdre…. comme aurait dit le roi du palindrome.

À midi, Annie nous a dressé une jolie table, elle a mitonné des filets de flétan doucement rissolés. Devant tant de munificence, je me sens obligé d’aller à la cave chercher une bonne bouteille : un Chateau Saint Esteve d’Uchaux 2017. Un délice !

Mais bon, si le confinement perdure, ma petite collection de bonnes bouteilles va être mise à mal.

Michel, lui, dans son EHPAD, ne peut plus sortir de sa chambre. Leur confinement est total, même les repas lui sont servis dans ses dix m². Enfin, il a l’air d’aller bien, croisons les doigts.

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24 mars 2020, Confinement Jour 8

Aujourd’hui, Manu Dibango est mort… Albert Uderzo aussi. Celui-là des suites d’une infection au COVID-19, celui-ci non. Mais au final, ça ne change rien : deux monstres sacrés ont disparu. Est-ce que, quelque part dans je ne sais quelles limbes, Obelix est entrain de se trémousser au son de « Soul Makossa »?

Aujourd’hui, comme hier, on ne sortira pas, ni l’un ni l’autre. Pas de besoin impératif = pas de sortie. Il va falloir trouver des occupations plus intellectuelles que physiques. Ma seule sortie du jour, c’est pour aller à la boîte aux lettres : les recharges de mon stylo sont arrivées, sauvé…

Aux infos, le débat sur la chloroquine dispute le devant de la scène aux nombreux morts du jour. Mais du Professeur Raoult, pas d’intervention… Il laisse parler les autres. Serait-ce parce qu’il a d’autres chats à fouetter ?

Vingt morts dans un EHPAD de l’Est. Vingt morts sur cent pensionnaires. Et, au fil des heures, on en annonce de plus en plus dans d’autres maisons de retraite. Si Dieu existait, je prierais pour mon frère, pensionnaire impuissant de l’EHPAD où ses enfants l’ont fourré. Il est confiné, lui aussi, et il essaie de bien le vivre. Mais moi ça me met hors de moi : c’est comme si on vous obligeait, vous, quand vous êtes sain, à rester chez vous en accueillant, plusieurs fois par jour, des gens venus d’horizons divers, équipés d’un masque qui, peut-être, les protège eux, mais pas vous… Ne sors pas ! Mais si le virus vient à toi, laisse le entrer…

Alors, il faut bien les soigner, bien sûr… Mais quand même, dans cette configuration imprévue d’un virus extrêmement contagieux, c’est un peu comme si, sans y penser, on les avait condamnés à mort en confiant leur exécution à un bourreau, le hasard…

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23 mars, Confinement Jour 7



La nuit dernière j’ai essayé de garder le masque sur le visage pour minimiser l’exposition de mes voies ORL aux pollens et poussières. Et ce matin ça va un peu mieux. Annie décide qu’aujourd’hui on va faire un grand ménage. C’est vrai qu’après cinq mois d’abandon, la maison a accumulé de la poussière un peu partout. Donc, dès le matin, on s’y met : lingettes-plumeaux, aspirateur, serpillière, toute la maison y passe avec des produits tels que vinaigre ou eau de Javel. En deux heures, c’est fait ; il ne nous restera, dans quelques jours, que les vitrages à nettoyer.

Appel de ma mère : elle est inquiète après une conversation avec mon fils Xavier qui lui a dit que le coronavirus tuait moins que la grippe. « Qu’est-ce qu’on nous raconte à la télé, si c’est vrai ? » Alors je lui explique, et ça me permet d’éclaircir mes propres idées, mes doutes sur la pertinence de ces mesures de confinement. Je lui explique donc, calmement : si le virus tue deux fois moins que la grippe mais qu’il est dix fois plus contagieux, le résultat c’est qu’on aura cinq fois plus de morts qu’avec la grippe !

Mais ce qui fait débat ce lundi c’est « chloroquine ou pas chloroquine ? ». Belle bataille d’ego entre chercheurs pendant que le quidam, lui, crève de peur et, parfois, crève tout court.

Dans les restes de toile d’un vieux spi, Annie a cousu deux masques textiles qui ont l’air de bien fonctionner contre les pollens. En plus on peut les laver ! Il nous restait quatre masques papier, elle les donne à notre voisine, caissière chez LIDL, qui bosse sans aucune protection. Hier, elle en avait déjà donné pas mal à une amie infirmière. C’est rare de trouver des personnes qui ont, autant qu’elle, envie et besoin d’aider les autres sans rien attendre en retour. C’est, à bien y réfléchir, une des nombreuses raisons qui font que je l’aime.

Le soir, aux infos, on annonce, sur un ton de catastrophe, le décès de trois médecins, les premiers depuis le début de l’épidémie. Trois sur six cent soixante douze décès en hôpitaux, moi, ça me semble correspondre à peu près au profil de la population.



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22 mars 2020, Confinement Jour 6

Après une bonne nuit de sommeil, ça va mieux ; mais j’ai encore le nez qui coule et souvent des accès d’éternuements irrépressibles. Dans le garage j’ai retrouvé un vieux reste de lot de masques chirurgicaux. J’essaie d’en porter un, pour voir si ça arrête les pollens, et, très vite, je respire plus librement. Je garde donc le masque sur le nez ; je ne l’enlève que pour passer mon appel video quotidien à mon frère. S’agirait de pas l’affoler, il n’a pas besoin de ça !

Ce matin au petit déjeuner, Annie m’a tancé au prétexte que je me suis trompé de petite cuillère pour la confiture. Par mégarde j’avais utilisé celle de mon café. Après elle n’a plus voulu de ce pot de confiture et elle est allée en chercher un neuf.

Aujourd’hui c’est elle qui sort. Au retour, il faut désinfecter au vinaigre tous les emballages. Après, désinfecter ses chaussures et aussi la porte d’entrée.

À midi, poisson pané, champignons et riz ; c’est presque gastronomique… mais on n’a plus de Chardonnay.

Annie commence à évoquer le fait de continuer à faire des stocks de nourriture et de produits d’hygiène, même après le confinement : « des virus, il y en aura d’autres ! ». Elle me dit que, même après la crise que nous vivons, il faudra peut-être éviter de serrer la main de nos relations ou d’embrasser nos amis et nos proches…

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21 mars 2020, Confinement Jour 5

J’ai passé une mauvaise nuit : problèmes respiratoires, j’ai dû prendre de la ventoline au milieu de la nuit, moi qui n’en prends qu’exceptionnellement… À quatre heures du matin je suis debout. Restes du jet-lag ou virus, allez savoir ! Annie aussi est levée. Est-ce que c’est moi qui l’ai réveillée ou est-elle inquiète elle aussi ? Je ne ressens pas de fièvre et n’ai mal nulle part, ça me rassure un peu, c’est surement ces foutues allergies…

Les infos affirment qu’en Italie on a dépassé les quatre mille morts. Dit comme ça, c’est énorme… À peu près autant que les accidents de la route en France. Mais chez nous on a, aussi, et par an, douze mille morts d’accidents domestiques et, en plus, vingt mille morts de maladies nosocomiales. Du coup, je m’interroge : ces quatre mille morts, c’est à mettre en rapport avec quoi ? Entendez-moi bien, il ne s’agit pas de dire que le coronavirus c’est de la gnognotte, non, juste de savoir de quoi il retourne vraiment… Combien y a t-il de malades du COVID-19 au total en Italie ? Réponse : pas de réponse.

Après le petit déjeuner, je passe un appel video à mon frère Michel : il a l’air en forme, il a repris du poids après son hospitalisation subite du mois de décembre, et il rit facilement. Toujours en video, j’appelle mon fils, juste pour voir mes petits enfants. Il est un peu tôt, je le réveille…

Comme j’ai toujours la gorge qui gratte, j’augmente ma dose de cortisone mais ça ne donne rien.

Aujourd’hui c’est le tour d’Annie de sortir. Cet après-midi elle ira chercher du Rhinallergy ; elle en a besoin elle aussi.

Finalement c’est moi qui vais à la pharmacie ; Annie a préféré rester à la maison. Ou alors elle a fait ça pour me laisser le plaisir de cette petite sortie.

Sur le chemin, à l’aller comme au retour, je ne rencontre ni ne croise personne. La pharmacie, elle aussi, est déserte. Seules deux jeunes pharmaciennes masquées sont là, mais une affiche à l’entrée exhorte quand même les clients à ne pénétrer que l’un après l’autre dans l’officine. Je prends bien garde à rester le plus loin possible de la jeune fille qui me sert, au cas où les allergies ne seraient pour rien dans les troubles que je ressens.

Au fil de l’après-midi, au fur et à mesure des pastilles sucées, ça commence à aller mieux. Oufff…

Pendant ces heures oisives, j’interroge mon ami google sur les chiffres et les statistiques liés à l’épidémie. Combien y a t-il de gens infectés en France ? On ne sait pas. Mais, quand même, les spécialistes s’accordent à dire que, par rapport au nombre de cas identifiés dans les hôpitaux, le total des contaminés devrait être compris entre dix et quarante fois ce nombre. Ça ferait donc une population totale de malades variable entre cent cinquante et six cents mille personnes. Là dessus on a, à date, un peu plus de cinq cents morts, ça donne, à la louche un taux de mortalité compris entre 0,9 et 3 pour mille. Un score très voisin de celui de la grippe saisonnière… Tout ça pour ça ?

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20 mars 2020, Confinement Jour 4

Au réveil, nous sommes en forme, rien qui puisse nous inquiéter. Petit déjeuner avec du café et des crêpes sucrées. Avant de partir faire les courses (aujourd’hui c’est mon tour), j’appelle mon frère Michel qui est dans un EHPAD dans le Var, au Luc. On dirait qu’il va bien. Après ça j’appelle ma mère ; elle est un peu perdue dans cette tourmente sociale et médiatique : elle se laisse parfois aller à croire tout et n’importe quoi , alors elle s’affole pour rien… ou ne s’inquiète pas des vrais problèmes.

Ensuite, presque rituellement, je m’habille pour sortir. Ça devient un moment important de la journée, cette petite sortie. J’arrive au magasin avant l’ouverture. Sur le court trajet je n’ai rencontré qu’une petite vieille qui promenait son chien. Est-ce qu’elle avait une attestation pour ça ? Sur la vitrine de l’établissement, rien n’indique qu’il n’ouvrira pas, alors j’attends. Un moment après, d’autres clients arrivent. Je suis le seul à ne pas porter de masque. Ils se rangent, sagement, à distance aussi respectueuse que réglementaire, derrière moi. Lorsque le magasin est sur le point d’ouvrir, le responsable nous annonce, de loin, le visage emmitouflé derrière une écharpe saugrenue, que le nombre de clients présents en même temps dans le magasin ne devra pas excéder cinq personnes.

Cette fois, je trouve du pain et plein d’autres choses. C’est Byzance ! La caissière est isolée des clients par un mur de plexiglas érigé sur trois côtés : on dirait le pape dans son véhicule blindé.

En rentrant, sur le rond-point dit « rond-point du sida » à cause de l’étoile hérissée de pointes menaçantes qui trône en son centre, je croise une escouade de flics en gilet pare-balles. Je me demande si ça les protège du virus, car ils n’ont pas de masque, eux…

A midi, on fait presque bombance et, pour fêter ça, je vais à la cave chercher notre dernière bouteille de Chardonnay.

Le soir, j’ai le nez très pris et la gorge qui gratte désagréablement ; ça m’inquiète un peu mais je ne dis rien à Annie. J’ai entendu dire que la moitié des gens déclarent la maladie avant le cinquième jour. On est le 20 mars, c’est le printemps et ça fait quatre jours qu’on est rentrés…

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19 mars 2020, Confinement Jour 3

Trois jours après notre retour, pas de symptôme évocateur. Ce matin Annie a fait des pancakes, sucrés parce que, de toutes manières, on n’a rien à tartiner dessus. De la matinée je ne fais rien, rien du tout : j’attends ma livraison de kawa. Pourvu qu’ils travaillent… Sinon plus de café. Et sans ça je vais avoir du mal à faire face au confinement. Régulièrement, Annie me demande si ça va. Ça ira quand j’aurai ma provision, ma dose assurée pour les jours qui viennent. À 11 h 15, on sonne. Enfin ! Pour cause de contagion, le livreur me tend, à bout de bras, un carton sans me demander de signature en échange, mais c’est pas grave, j’ai mon café !

Aujourd’hui c’est le tour d’Annie de sortir. Pendant qu’elle rédige son attestation, je me saisis d’un sécateur et sors dans le jardin. Je commence à couper, tailler, débroussailler et entasser les rebuts. Annie, de la terrasse, me fait signe qu’elle y va. Je mets le feu au tas de broussailles et de branches coupées, la fumée m’irrite immédiatement les bronches aussi je retourne à mes travaux de taille et de mise au propre des quelques massifs qui ont traversé l’hiver sans nous.

Le tas n’a pas encore fini de brûler qu’Annie est de retour : Picard est fermé, ouverture reportée à demain matin. Une nouvelle soirée sans pain se dessine. Heureusement, Annie fait des crêpes, sucrées…

Le soir, les infos diffusent, à l’envi, le fait que le confinement durera probablement plus que les quinze jours initialement évoqués par Macron. Comme si on ne le savait pas…

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18 mars 2020, Confinement Jour 2

Avec tous les gens qu’on a croisés pendant nos deux jours de voyage de retour, avec toutes les heures de vol à partager le même air conditionné avec plusieurs centaines de quidams qu’on imagine douteux, avec tout ce temps passé dans les duty free shops à rabrouer les vendeurs, est-ce qu’on n’aurait pas attrapé cette cochonnerie ? C’est avec cette interrogation que je me réveille ce matin.

Sur le « Alexa, bonjour ! » qu’Annie lui lance, la voix de l’I.A. contrôlée par Jeff Bezos depuis l’autre côté de l’océan nous annonce que, globalement, tout va mal mais que dans notre sympathique Provence, il va faire beau. Après deux ou trois cafés sans tartine et sans confiture, je sors dans le jardin (pas la place d’y faire un jogging mais il y a quelques plantes et arbustes qui font un peu partie de la famille) et là, c’est la bonne surprise de la journée : une greffe en écusson (je précise ça pour les spécialistes) qu’on avait faite, il y a deux ans, sur un agrume, et qui, sans mourir, restait verte mais sans plus ; eh bien pour une raison mystérieuse, elle a pris ! Une jolie branchette, un beau petit rameau vert, avec de délicates feuilles naissantes au bout, se dégage de façon très marquée du tronc de l’arbuste. Ça quand même, ça fait plaisir. Alors du coup je bois un autre café avant d’aller, muni de l’attestation idoine, au magasin Picard voir si, des fois, ils n’auraient pas été livrés. Avec Annie on a décidé que, pour minimiser les risques de contaminer des innocents au cas où, nous, on aurait été touchés, on sortirait à tour de rôle. Donc aujourd’hui c’est moi.

C’est vrai que la circulation est moins dense que d’habitude, mais ça ne semble pas si significatif que ça. Par contre, devant le magasin Picard (je leur enverrai ma facture pour la publicité que leur fais ici), pas de file d’attente. J’en suis à al fois surpris et enchanté, mais ça ne dure pas : s’il n’y a pas de queue c’est parce que le magasin est fermé, plus rien à vendre. Un panonceau, toujours manuscrit, promet un réapprovisionnement et une ré-ouverture pour demain 15 heures. Bon, tant pis, on va continuer sans pain…

À midi, c’est pâtes avec de l’huile d’olive. Pour fêter ça, je sors une bouteille de Chardonnay. On déjeune sur la terrasse, au soleil. heureusement il reste du café mais pas beaucoup. L’après-midi je passe une commande sur internet pour refaire mon stock. En même temps, je demande à Jeff Bezos de me livrer des mouchoirs et du PQ. Il me promet, par Alexa interposée, de s’occuper de notre cas au plus tôt, mais c’est tout de suite qu’il débite mon compte.

Les infos, en figure de la bonne citoyenneté, vouent aux gémonies les mauvais français qui se prélassent sur la plage ou déambulent sur la promenade des anglais; comme si on risquait d’y contaminer des brexiters retardataires ! Intelligemment, à son habitude, Christian Estrosi (être aussi con et se prénommer Christian, ça devrait être interdit), promet à qui veut l’entendre d’instaurer un couvre-feu : il est bien connu que, si vous empêchez les gens de sortir la nuit, ils ne vont plus sur la promenade des anglais le jour…

Le soir, sur France Info, un journaliste inspiré débite, sur le ton d’une consternation de circonstance, les mêmes niaiseries que la veille : il y a plein de malades en France, mais regardez donc ce qui se passe en Italie !

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17 mars 2020, Confinement Jour 1, Épidémie de fièvre acheteuse.

Ce mardi débute sous des augures claires et ensoleillées. Pas le soleil auquel on était habitués là-bas à Tahiti, non ; mais quand même un soleil clair et sympa lorsque nous sortons faire quelques courses nécessaires, essentielles même, pour nous qui rentrons de cinq mois ou presque d’une longue villégiature. Dans les rues de Cavaillon, rien ne semble avoir fondamentalement changé ; des voitures et des piétons un peu partout. C’est normal puisque le confinement n’entrera en vigueur qu’à midi. Pour éviter la Grande Distribution dont les media nous disent qu’elle est prise d’assaut par des consommateurs frénétiques et affolés, nous avons choisi de nous réapprovisionner dans un magasin « Picard », en supputant que les surgelés devraient nous permettre de faire face pendant quelques jours, le temps que la « fièvre acheteuse » dont certains souffrent se calme un peu. Devant le magasin, situé à deux ou trois cents mètres de chez nous, une petite queue de clients s’est formée : cinq ou six personnes sont là, constituant une file indienne très distendue, distance de sécurité oblige… Chacun s’applique à rester loin du précédent tout en voulant éviter que le suivant ne lui passe devant, une espèce de danse des canards immobile et silencieuse. Sur la vitrine du magasin, une affichette manuscrite indique « Pas plus de huit personnes dans le magasin. Un sorti = un entré ». Pas de passe-droit pour les couples, aussi, lorsqu’Annie, notre tour venu, entre dans le magasin, j’attends qu’un autre client en sorte pour y pénétrer et la rejoindre. Les congélateurs sont loin d’être pleins, à vrai dire il n’y a plus grand-chose. heureusement pour nous, il semble que le français moyen n’apprécie que peu le poisson. On en prend quelques sachets. Je voulais des baguettes pré-cuites mais il n’y en a plus… Tant pis, on se débrouillera sans pain. Nous sortons et, avant de rentrer à la maison, passons à la pharmacie pour du sérum physiologique ; après des heures passées dans des atmosphères climatisées, Annie souffre un peu des yeux. Là encore, une petite file de clients attend à l’extérieur. En passant devant le « Super U », on a vu une vraie, longue, file d’attente ; tant qu’on pourra éviter d’y aller, on le fera.

L’après-midi on ne bouge pas. Je sors la voiture du garage où elle sommeillait depuis notre départ, et je remets en service le vélo d’appartement en prévision des jours d’isolement qui viennent. À la télé, les infos nous débitent en boucle les mêmes nouvelles alarmistes, l’une contredisant l’autre sans que personne ne paraisse s’en apercevoir. C’est, tout simplement, à qui agonira le plus grand nombre d’énormités dans le temps le plus court. Lamentable…

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Cavaillon : Une artiste russe s’expose

Cavaillon : Une artiste russe s’expose :

Elena Fuentes-Bouianova, artiste-peintre russe mariée à un français et ancien professeur à l’école des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, réside en Provence, à Cavaillon, depuis plusieurs années. Attirée par les traditions de notre région, elle a réalisé, autour des métiers provençaux, une série d’œuvres que la Brasserie « Le Paris » va exposer jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Vernissage le 28 septembre en présence de l’artiste à partir de 18h30.

Brasserie Le Paris, 33 cours Gambetta à Cavaillon.

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