21 mars 2020, Confinement Jour 5

J’ai passé une mauvaise nuit : problèmes respiratoires, j’ai dû prendre de la ventoline au milieu de la nuit, moi qui n’en prends qu’exceptionnellement… À quatre heures du matin je suis debout. Restes du jet-lag ou virus, allez savoir ! Annie aussi est levée. Est-ce que c’est moi qui l’ai réveillée ou est-elle inquiète elle aussi ? Je ne ressens pas de fièvre et n’ai mal nulle part, ça me rassure un peu, c’est surement ces foutues allergies…

Les infos affirment qu’en Italie on a dépassé les quatre mille morts. Dit comme ça, c’est énorme… À peu près autant que les accidents de la route en France. Mais chez nous on a, aussi, et par an, douze mille morts d’accidents domestiques et, en plus, vingt mille morts de maladies nosocomiales. Du coup, je m’interroge : ces quatre mille morts, c’est à mettre en rapport avec quoi ? Entendez-moi bien, il ne s’agit pas de dire que le coronavirus c’est de la gnognotte, non, juste de savoir de quoi il retourne vraiment… Combien y a t-il de malades du COVID-19 au total en Italie ? Réponse : pas de réponse.

Après le petit déjeuner, je passe un appel video à mon frère Michel : il a l’air en forme, il a repris du poids après son hospitalisation subite du mois de décembre, et il rit facilement. Toujours en video, j’appelle mon fils, juste pour voir mes petits enfants. Il est un peu tôt, je le réveille…

Comme j’ai toujours la gorge qui gratte, j’augmente ma dose de cortisone mais ça ne donne rien.

Aujourd’hui c’est le tour d’Annie de sortir. Cet après-midi elle ira chercher du Rhinallergy ; elle en a besoin elle aussi.

Finalement c’est moi qui vais à la pharmacie ; Annie a préféré rester à la maison. Ou alors elle a fait ça pour me laisser le plaisir de cette petite sortie.

Sur le chemin, à l’aller comme au retour, je ne rencontre ni ne croise personne. La pharmacie, elle aussi, est déserte. Seules deux jeunes pharmaciennes masquées sont là, mais une affiche à l’entrée exhorte quand même les clients à ne pénétrer que l’un après l’autre dans l’officine. Je prends bien garde à rester le plus loin possible de la jeune fille qui me sert, au cas où les allergies ne seraient pour rien dans les troubles que je ressens.

Au fil de l’après-midi, au fur et à mesure des pastilles sucées, ça commence à aller mieux. Oufff…

Pendant ces heures oisives, j’interroge mon ami google sur les chiffres et les statistiques liés à l’épidémie. Combien y a t-il de gens infectés en France ? On ne sait pas. Mais, quand même, les spécialistes s’accordent à dire que, par rapport au nombre de cas identifiés dans les hôpitaux, le total des contaminés devrait être compris entre dix et quarante fois ce nombre. Ça ferait donc une population totale de malades variable entre cent cinquante et six cents mille personnes. Là dessus on a, à date, un peu plus de cinq cents morts, ça donne, à la louche un taux de mortalité compris entre 0,9 et 3 pour mille. Un score très voisin de celui de la grippe saisonnière… Tout ça pour ça ?

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